Le projet

« Parce que nous ne soignons pas des maladies mais des personnes malades. » Cynthia Fleury, professeur de philosophie et psychanalyste.

Réinventer la relation au soin, à la maladie, à la vie, tel est l’objectif de la chaire de philosophie à l’hôpital. Créée en janvier 2016, elle est un lieu d’enseignement, de recherche et d’échanges au sein même de l’hôpital, ce lieu où se retrouvent et s’exacerbent les maux comme les bienfaits de nos sociétés.
Elle a pour objectif de replacer les Humanités au cœur de toute structure de soin grâce à l’enseignement, la critique, la recherche et le partage d’expérience.
Elle s’adresse aux résidents et patients de l’hôpital, au personnel hospitalier, aux médecins, aux familles des patients, aux citoyens en règle générale.

Après deux années universitaires à l’Hôtel-Dieu, le plus vieil hôpital parisien où elle continue d’opérer, la chaire inaugure une nouvelle antenne en novembre 2017. Elle est accueillie par le GHT Paris – psychiatrie & neurosciences, dans les locaux de Sainte-Anne, pour un tout nouveau cycle de cours et de séminaires : « Philosophie, psychiatrie et neurosciences » appelés « Séminaires de Sainte-Anne ».

De la philosophie à l’hôpital ?
Lieu du soin, l’hôpital peut aussi transformer les êtres en objet. Si la maladie, pour être guérie, demande à être objectivée, cette objectivation risque toujours d’annihiler le sujet. Or, il n’y a pas de maladie, mais un sujet malade, qui se vit comme sujet et non comme malade. Le soin nécessite de considérer cette singularité.
La philosophie, en questionnant, en étudiant les principes, en révélant les structures et les méthodes, en convoquant également l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, la psychanalyse, la littérature… permet d’examiner cette singularité sous toutes ses facettes.
En offrant – gratuitement et à tous – réflexion, échange, partage de connaissances et d’expériences, la chaire de philosophie à l’hôpital est l’espace où le soin, le souci de l’autre comme le souci de soi, s’affirment comme un bien commun.
Il s’agit, en bref, de faire de l’hôpital le lieu de vie, de réflexion et d’entraide qu’il est substantiellement.

L’hôpital, miroir et révélateur des maux de la société
Alors que la durée de vie s’allonge, toujours plus soumise au jeunisme, à l’obligation de performance, de vitesse, l’accident, la blessure, la maladie révèlent la fragilité de l’humain. L’hôpital est plus que jamais le lieu où l’âme et le corps disent leur vérité, la vulnérabilité de l’individu. C’est sur ce socle que peut être construite une pensée de la volonté plus féconde, humble et dénuée de toute puissance.
Tiraillé entre une exigence d’efficacité et un impératif de réduction des coûts, l’hôpital est aussi ce lieu où explosent les paradoxes: d’espace de soin, il peut se transformer en machine à soigner, broyant soignants comme soignés. En proposant des concepts, en mettant des mots sur les situations vécues au quotidien, la chaire de philosophie à l’hôpital permet de prendre la distance nécessaire pour transformer le présent.

Les programmes et actions

  • Des conférences et des séminaires, gratuits et ouverts à tous, sur des sujets aussi divers que « Introduction à la philosophie à l’hôpital », « Religions, soins et laïcité », « Soin et compassion », « La psychiatrie aujourd’hui », donnés au sein des hôpitaux (Hôtel-Dieu, Hôpital Sainte-Anne) par des philosophes de renoms (Cynthia Fleury, Bertrand Quentin, Frédéric Worms…), des psychiatres (Raphaël Gaillard, Bernard Granger, Jean Naudin…) ou animés par des doctorants qui invitent des soignants écrivains pour engager le débat autour de leurs ouvrages.
  • Des séminaires avec des partenaires comme l’École d’éthique de la Salpêtrière, le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin que dirige Véronique Fournier, la chaire Coopérative de l’Hôtel-Dieu, la chaire d’éthique médicale de Paris V.
  • Des interventions dans les hôpitaux à la demande des services (oncologie pédiatrique, néphrologie…) et dans les écoles (lycées, universités, école de kinésithérapeutes…).
  • Des animations au sein d’associations de patients (École à l’hôpital) ou d’ONG (traitement des diabétiques en Afrique).
  • Des thèses avec déjà deux doctorantes.
  • Des études en cours ou en préparation (burn-out des soignants…).