Ouverture du séminaire « Soin et compassion »

Ouverture du séminaire « Soin et compassion »

« Peut-il y avoir du soin sans compassion ? Peut-on penser une compassion qui n’épuiserait pas la sensibilité du soignant, qui ne s’abîmerait pas dans le soin compassionnel? »

Autant de questions que Pauline Bégué, étudiante sage-femme et Zona Zaric, juriste, vont se poser et poser lors du séminaire des doctorants « Soin et compassion » qui commence ce 29 septembre.

[extrait du texte d’intention des doctorantes] “C’est à ma vue, à mon oreille, à mes sens que se présente la détresse d’autrui, » écrit Agata Zielinsky dans La compassion, de l’affection à l’action (revue Etudes). Le soin commence par une exposition à l’autre, par un corps à corps. Par les affects, une relation de réciprocité peut s’engager. Le soin consisterait alors en une relation entre deux individus, au sens où il vise le rétablissement de relations que la maladie dénoue : relations du sujet à lui-même, à la société et au monde. Ce soin implique une écoute attentive puisée dans la conscience imaginaire et donnant vie à un principe éthique enraciné dans le destin humain commun. Selon Donald Winnicott, la capacité de se “livrer à des identifications croisées, se mettre à la place de l’autre, et permettre à l’autre d’en faire autant » enrichirait considérablement les expériences humaines.

Il nous semble ainsi important de pouvoir lier soin et compassion en tant que le soin demande la transformation d’une expérience absurde et solitaire en une expérience compassionnelle, partagée et révélatrice de sens. L’expérience compassionnelle qui part de l’idée de “souffrir avec” est ainsi transfigurée en projet positif : non seulement offrir de l’assistance pour réduire les souffrances de l’Autre, mais aussi agir pour construire un vivre-ensemble qui permettrait précisément de vivre des vies qui auront de la valeur.

A travers ce séminaire, nous souhaitons nous interroger ensemble sur ce lien entre soin et compassion non seulement dans l’institution hospitalière, au cœur du “colloque singulier”, mais aussi dans sa dimension cosmopolitique de lien entre les hommes, entre citoyens. Ce séminaire se veut constituer un lieu d’interpénétration, non seulement en mettant en tension nos deux démarches qui prennent pour point de départ des sujets et des expériences différentes (expérience de sage-femme, expérience de juriste) mais aussi en tissant des liens entre différentes initiatives qui nous semblent aller vers ce même sens commun.

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