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Alors qu’une expérience pandémique revétissant les traits d’une expérience d’effondrement se poursuit à bas bruit, les signes toujours plus saillants et alarmants de vécus d’affrontement n’ont pas manqué en 2022, qu’il s’agisse du retour de la guerre en Europe, des feux de forêts dramatiques de l’été ou des alertes constantes sur les maux multiples de l’hôpital public. Et, face à ces épreuves, il y a cette approche holistique et politique du soin qui fait face, les humanités médicales qui démontrent, encore et toujours, leur légitimité, leur nécessité. Plus que jamais, les enjeux défendus par l’entité hospitalo-académique Chaire de Philosophie à l’Hôpital du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences/Chaire Humanités et Santé du Conservatoire National des Arts et Métiers (Paris) ont trouvé un terrain d’exploration et de mise en œuvre.

En 2022, la Chaire a poursuivi sa démarche d’enseignement et de recherche avec le maintien de ses séminaires, pour l’essentiel sur un mode désormais hybride : le séminaire de Sainte-Anne, décliné en cycles Lire les grands textes et Philosophie clinique et clinicienne ; le séminaire de Clermont ; le séminaire Design with care au Cnam ; le séminaire Architecture et care, ou encore le dispositif Une clinique philosophique du burn-out des soignants. Ont également été lancés plusieurs nouveaux séminaires mensuels : Créoliser l’inconscient ; Santé mentale : regard de philosophes ; Imagination ; Soins, Nature, Patrimoine. Tous les cours et interventions (à l’exception de l’atelier d’écriture sur le burn-out, pour des raisons évidentes de confidentialité) dans le cadre de la Chaire sont filmés et mis à disposition gratuitement et à tous sur notre site Internet, sur le mode des creative commons. Nous avons par ailleurs lancé, au printemps, un MOOC Humanités en santé, en lien avec le Cnam, le GHU Paris – Psychiatrie & Neurosciences et le Comité consultatif national d’éthique. Près de 5 000 personnes se sont inscrites pour visionner la vingtaine d’heures de cours proposée. La deuxième saison aura lieu d’avril à septembre 2023.

Alors que le dialogue entre les disciplines est au cœur même de l’ADN de la Chaire, nous nous réjouissons des ponts qui ont été créés avec de nouvelles structures. C’est le cas avec La Preuve par 7, démarche expérimentale d’urbanisme, d’architecture et de paysagisme initiée par Patrick Bouchain, qui a rejoint la Chaire par le biais d’un séminaire (Le Laboratoire des Délaissés), et avec laquelle d’autres projets sont en maturation. C’est aussi le cas avec une équipe de l’hôpital Lariboisière, qui porte un projet de consultation médicale endormie, et propose de transformer la profession d’anesthésiste par le biais de la médecine prédictive. Là aussi, un premier séminaire nous réunit cette année, avant de futurs projets autour de la garantie humaine et visant à interroger les enjeux pluriels de ces transformations. C’est enfin le cas avec l’école Georges Gusdorf, à travers un cycle de rencontres qui a réuni élèves à haut potentiel, soignants et chercheurs au cours de la dernière année scolaire.

La Chaire a également poursuivi les expérimentations sur le terrain avec l’évaluation en cours d’une POC (proof of concept) portant sur la création d’un protocole alternatif à la contention involontaire, projet mené avec les équipes du GHU Paris – Psychiatrie & Neurosciences en partenariat avec le studio de design Les Sismo. Les principes philosophiques originels de ces POC et du design with care sont aussi au cœur d’un tract paru aux Éditions Gallimard au printemps, qui décline dix points cardinaux pour préserver ce qui fait le sel de la « vie bonne » et propose une clinique du réel poursuivant cette quête de la générativité du vulnérable qui nous anime. Cette année a aussi été marquée par une troisième soutenance de thèse encadrée par la Chaire, en mars 2022, avec la thèse de Caroline Jobin (« La preuve de concept comme outil de développement des capacités de générativité collective : modélisation, expérimentation et conditions de performance », sous la direction de Pascal Le Masson et de Sophie Hooge).

La Chaire s’inscrit par ailleurs pleinement dans l’écosystème des humanités médicales par la réalisation d’études et la publication d’articles académiques sur des thématiques diverses, telles que l’analyse socio-anthropologique du bloc opératoire, ou les interactions entre art, soins et résilience. Les partenariats avec les revues Soins, Gestions Hospitalières et Médecine Hospitalière se poursuivent, et favorisent la diffusion des travaux de la Chaire au plus près du terrain, des soignants comme des gestionnaires. Un début de collaboration avec l’hebdomadaire Le 1 participe aussi de cette vulgarisation au plus grand nombre des humanités médicales. Vulgariser, c’est aussi exposer. Entre avril et octobre, le parcours « Soutenir. Ville, architecture et soin » proposé au Pavillon de l’Arsenal, en lien avec l’agence SCAU, est ainsi venu questionn