La Chaire de Philosophie à l’Hopital de Clermont

LA CHAIRE DE PHILOSOPHIE À L’HÔPITAL AVEC L’UNIVERSITÉ DE CLERMONT-AUVERGNE ET LE CHU DE CLERMONT-FERRAND

Cet accord vise à favoriser les échanges de personnes, d’expériences et d’activités dans les domaines concernant l’enseignement supérieur et la recherche.

Cette coopération couvre diverses activités :

  • échange de professeurs, chercheurs et membres du personnel administratif et technique.
  • participation à des conférences, ateliers, séminaires.
  • échanges étudiants dans le cadre de stages ou de formations.
  • échanges d’informations, de documents, de publications scientifiques.
  • co-supervision ou co–direction de thèse.
  • mise en oeuvre et participation à des doubles diplômes ; diplômes conjoints ou à des projets européens et internationaux.

Le diplôme universitaire : Relation médecin, soignant, patient consciente et inconsciente

Il s’agit d’une formation d’un an, destiné au personnel médical et paramédical ainsi qu’aux étudiants en médecine ou en 2ème année d’internat. Il vise à permettre aux candidats d’être capable dans l’exercice de leur profession :

  • de se situer dans l’humanisme de la médecine traditionnelle tout en mesurant l’importance de posséder les connaissances sans cesse renouvelées de la médecine de pointe que les avancées de la science et de la technologie ont mis à disposition du personnel médical.
  • de permettre dans l’intérêt des patients, la collaboration et la recherche clinique entre la psychosomatique ; la psychanalyse d’aujourd’hui avec l’analyse contemporaine de l’effet de la parole sur le corps, ce corps vivant et parlant mais aussi avec l’éclairage d’autres sciences humaines et la philosophie, afin d’optimiser l’efficacité contre la souffrance par la considération du patient à travers une écoute singulière de son désir conscient mais aussi inconscient.
  • de remettre en question des pratiques, des habitudes par une observation de la clinique qui ne cesse de changer et l’appel à des échanges pluridisciplinaires qui permettent d’avancer dans la relation médecin (soignant)/patient en fonction du contexte social et culturel.
  • de s’interroger par lui même régulièrement sur sa pratique et sur les problèmes de société (fin de vie, PMA, greffes, transhumanisme).
  • de transmettre aux jeunes générations ce goût pour l’inquiétude et la remise en question personnelle et professionnelle, garant d’une certaine satisfaction de la pratique médicale et professionnelle compatibles avec la déontologie, l’éthique, la responsabilité et la conscience professionnelle.

La Chaire de Philosophie à l’Hopital de Clermont est née de l’initiative de médecins – de Marie-Elisabeth Sanselme-Cardenas et de Christine Jacomet en particulier – qui souhaitaient introduire la possibilité que des interrogations de type philosophique puissent éclore au sein du CHU Montpied, et que les médecins, tout autant que les patients, puissent bénéficier d’un espace commun de réflexion pour interagir avec des philosophes. C’est dans ce contexte que le département de philosophie de l’Université Clermont Auvergne ainsi que le PHIER (le laboratoire Philosophies et Rationalités) ont été sollicités, et il nous a paru alors important de nous joindre à cette entreprise et de l’accompagner. Il nous a semblé en effet que cette idée était riche de promesses, et qu’elle constituait avant tout une occasion précieuse de pouvoir entrer en dialogue avec le monde de l’hôpital, de pouvoir partager des interrogations liées aux institutions et aux valeurs médicales, et plus largement aux normes et aux pratiques de la médecine contemporaine.

Il est indéniable qu’il existe de nos jours une « demande philosophique », comme l’a nommée Jacques Bouveresse, c’est-à-dire une demande adressée aux philosophes. Le plus souvent, cette demande se formule en termes éthiques ou moraux. On attend des philosophes qu’ils soient à mêmes de délivrer quelques conseils de sagesses, ainsi qu’un certain nombre de prescriptions concernant nos relations aux autres. Il n’est pourtant pas clair que les philosophes aient développées des compétences particulièrement pointues dans ce domaine qui les placeraient au-dessus de la mêlée. Il faut bien en convenir. Ce type de demande nous dispose alors simultanément, comme le suggérait là encore Bouveresse, soit à nous laisser séduire d’admiration par des discours grandiloquents mais creux, soit à être déçu par la modestie des discussions philosophiques sérieuses. Et il est certain que les questions médicales, du fait de l’urgence et du caractère dramatique qui les entourent, nous exposent tout particulièrement à ces problèmes. Conscients de ces difficultés, nous souhaiterions donc tenter, par l’intermédiaire de cette chaire de philosophie, d’ouvrir des discussions à la fois exigeantes et à la hauteur des attentes publiques.

A cet égard, la réflexion morale constitue bien sûr un domaine important de l’activité philosophique, et l’on peut au moins attendre de cette dernière qu’elle puisse nous éclairer sur les concepts de valeurs que nous manipulons quotidiennement, ou encore sur les fondements de nos éventuels devoirs moraux. Mais il serait néanmoins dommage d’enfermer la philosophie, fut-elle une philosophie de la médecine, dans cette seule dimension morale. Philosopher, c’est aussi interroger les thèses auxquelles nous tenons et les positions auxquelles nous adhérons, les arguments qui les sous-tendent, et les concepts auxquels nous recourons. De ce point de vue, l’un des paris de cette chaire sera aussi d’interroger à nouveaux frais des concepts tels que ceux de santé, de pathologie, ou encore de rationalité médicale. Si ce premier semestre se veut un galop d’essai, auxquels certain-e-s philosophes de l’UCA et du PHIER ont accepté de répondre présent, nous tenterons de proposer au cours des semestres prochains des thématiques plus spécifiques, issues des discussions du comité d’organisation, ainsi que des interactions avec le public.

Samuel Lepine