Butler, Lacan et Antigone : éthique et pulsion de mort

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Dans son séminaire 7, L’éthique de la psychanalyse, Lacan s’interroge sur ce qui distingue la notion “d’amour du prochain”, devant laquelle Freud recule dans Malaise dans la civilisation, de la morale eudémonique antique. En quoi la quête du bonheur se distingue-t-elle du commandement chrétien “Tu aimeras ton prochain comme toi-même” ? Et Lacan de répondre que ces deux approches en apparence si radicalement opposées se rejoignent en fait dès l’instant que l’idée du prochain se réduit à n’être qu’une projection imaginaire de soi- même dans l’Autre. Projection dont la théorie Benthamienne des fictions donne la clé. Car une fois relue à partir de l’idée d’utilité, la formule chrétienne laisse apparaitre ce qui se tient derrière ses idéaux. A savoir, son attachement au principe de plaisir entendu comme limite posée dans la recherche du Bien. Lacan écrit : “Mon égoïsme se satisfait fort bien d’un certain altruisme, de celui qui se place au niveau de l’utile” (220). Car ce qui fonde l’idée d’utilité, ce qui la soutient, qu’est-ce d’autre sinon l’idée de plaisir ? Or le plaisir, se demande Lacan, n’est-il pas lui-même une construction visant à masquer ce qui se tient au delà de son principe ? c’est-à-dire le domaine de la jouissance et de la pulsion de mort ?

En partant de cette question, et de la réponse qu’y apporte Lacan à travers son étude d’Antigone, il s’agira d’introduire à la lecture du dernier livre de Markos Zafiropoulos, Lacan Presque Queer.

Bibliographie :

Butler, Judith. Antigone. La parenté entre vie et mort. Paris, Edition Epel, 2003.

Lacan, Jacques. Séminaire Livre 7, L’éthique de la psychanalyse. Paris, Editions du Seuil, 1986.

Miller, Jacques-Alain. L’orientation Lacanienne, Le partenaire-symptôme. (1997-1998).

Zizek, Slavoj. Ils ne savent pas ce qu’ils font. Le sinthome idéologique. Paris, Editons Puf, 1990.

Zupancic, Alenka. The Ethics of the Real, Kant and Lacan. New York, Verso, 2012.