Avec les praticiennes hospitalières du Centre Hospitalier Montperrin : Vincent Chrétien, infirmier Pass Précarité CHM ; Sylvain Rollandin, infirmier au 3 bis f, CHM ; Lenn Senges, infirmier CAP 48 et président du Comité d’éthique du CHM ; Cédric Parizot, anthropologue du politique, chargé de recherche au CNRS à IREMAM Institut de Recherches et d’Études sur les Mondes Arabes et Musulmans à Marseille ; Pauline Rhenter, avocate spécialiste des droits psychiatriques et sociologue et Manon Worms, metteuse en scène, artiste associée au 3 bis f.
La psychiatrie est ancrée dans un rapport à des logiques de frontières, voire de frontiérisation dans les espaces de la psychiatrie ou en espace public. Historiquement lié à l’enfermement, marquée par une dialectique entre ouvertures et fermetures, le rapport aux soins psychiatriques s’inscrit dans des frontières matérielles comme invisibles. De la contenance au centre des cheminements thérapeutiques, à l’isolement et au rapport possible à la contention, voire à l’hospitalisation d’office, les lignes symboliques ou réelles de séparation balisent parcours de vie et de soin en santé mentale. En France, les textes de loi évoluent dans le sens d’une meilleure protection, d’une valorisation de l’accompagnement qui peine toutefois à devenir effective. De nombreuses atteintes aux droits sont officiellement reconnues et toutes sortes de discriminations subsistent en cas d’étiquette « psy » et ce, dans de nombreux domaines : droits des patients, équités des soins somatiques, accès à la justice…
Quelles sont les logiques des territoires du soin et quelles perméabilités pour les frontières, à la fois dans le soin et au cœur de la société ? Et en quoi ces « lignes de démarcation » – sociales, juridiques, politiques – affectent les environnements et contextes du soin ? Quelles opportunités pourraient offrir ces espaces singuliers ?
