Jean Claude K Dupont – Les problèmes de l’évaluation

Jean Claude K Dupont – Les problèmes de l’évaluation

Jean-Claude K. Dupont – Les problèmes de l’évaluation 

Les problèmes de méthode en évaluation économique s’abordent aujourd’hui sous l’angle de diversification (appliquer d’autres méthodes), articulation (des venues d’autres disciplines) et intégration (dans le but de conclure à partir des résultats obtenus).

L’économie est une science sociale (définition commune avec les SHS sciences Humaines Sociales- des sciences “sans objet”), ses applications à la santé présentent deux spécificités: 1) postulat de “rareté “, donc orientation vers un arbitrage, vers une décision 2) recherche d’une causalité, d’une mesure (effets, utilité).

Deux approches : a) un coût n’est pas interprétable seul, la valeur d’une intervention = le coût à consentir pour une amélioration de santé, un gain de santé (efficacité) mais son utilité pour le patient b) bien être, convergence des mesures des fondements philosophiques à cet outil, les interventions de santé visent à réduire les inégalités entre les individus en terme d’opportunité de vivre une “vie bonne”.

Les limites de l’évaluation deviennent difficiles à dessiner: ex.eco – psychologie comportementale vs. psychologie sociale où expérimentale.

Enjeux d’articulation SHS

  • la compréhension vs. l’explication
  • articulation entre des modes de raisonnement
  • proximité épistémique sciences biologiques et médicales/ économiques (mesures, protocole, randomisation)
  • responsabilité de construire des projets communs

Enjeux d’éthique

  • inscription des résultats de l’évaluation dans notre compréhension de l’acte de soin
  • quel sens donner à des résultats quantitatifs dans l’expérience vécue, sentiment d’engagement par les professionnels/sentiments multiples/contradictoires par les patients
  • est-il neutre de déplier cette aventure (“cancer journey”) sous la forme d’un “parcours”? cette engagement professionnel sous la forme d’une “organisation”?

Ethique économique

  • le patient reste central (bénéficie) mais la perspective change, elle devient “publique” (vs.”privée”) example: désescalade de doses, forme d’équité dans l’allocation des ressources limitées…
  • prévenir les micro décisions fondées sur des visions subjectives des préférences des patients

Questions éthiques

  • grande tension: “montrez que ça coûte moins cher “!
  • besoin d’une réflexion et reconnaissance commune sur des rôles sociaux (soignant – agent des intérêts de chaque patient, chercheur- produire des savoirs utiles pour la société, expertise- visant à “recommander” et à “conclure”)
  • l’évaluation vise à conclure par une activité descriptive mais normative
  • une forme de pluralisme élargissant des expertises dans une logique de “démocratie sanitaire”
  • l’enjeu de légitimité démocratique se situe dans l’intégration de différents points de vue au sein d’un arbitrage (le “décideur”) a) les régulations entourant l’évaluation b) gouvernementalité des outils d’évaluation c) construire des vrais “collectifs de pensée”

HAS – haute autorité de santé, DEMESP – direction de l’évaluation médicale, économique et de santé publique: expertise tout dossier industriel (critères d’éligibilité) tandis qu’un comité décide sur le prix

  • toute régulation est un construction, une série de décisions
  • quantifier = convenir puis mesurer
  • on “construit” et on “négocie” des “espaces d’équivalence”
  • Desrosier: “désenclaver la formation des statisticiens” (des étudiants SHS aussi)

Conclusion

  • valeurs communes amélioration de la santé (efficacité/utilité pour le patient)
  • rigueur et intégrité scientifique
  • souci démocratique (équité de l’allocation des ressources)
  • triptyque d’origine kantienne a) espace de coexistence communio spatii b) occasions d”interactions commercium c) cadres structurant coordinatio
  • la recherche à l’hôpital (créé dès occasion de rencontre entre sciences cliniques, sociales et humaines)

articulation des chaires de recherche comme opportunité de réunir ce triptyque, nécessaire à l’émergence d’un “collectif de pensée’.