Bernard Georges – Intelligence artificielle : de l’empathie à l’altruisme

Bernard Georges – Intelligence artificielle : de l’empathie à l’altruisme

Bernard Georges – Intelligence Artificielle : de l’empathie à l’altruisme

Au premier abord, on pourrait croire que l’Intelligence Artificielle, n’est qu’une nouvelle technologie, dans le prolongement de la révolution digitale.

Mais en regardant de plus près, on observe une grande effervescence, chez les géants du web, dans de nombreuses startups, chez de nombreux scientifiques, philosophes, juristes, autant d’acteurs qui cherchent à comprendre, à expérimenter, ou à concrétiser le potentiel offert par l’Intelligence Artificielle.

Nous le verrons, l’Intelligence Artificielle est déjà une réalité, mais qui n’en est qu’à ses débuts.

L’intelligence Artificielle est aussi un sujet troublant, qui peut faire peur, car il remet en cause, nombre de nos convictions et de nos certitudes, à la fois sur les machines, mais aussi et surtout sur la place et le devenir de l’homme dans le monde.

En définitive, on peut dire que l’Intelligence Artificielle provoquera bientôt de tels bouleversements, qu’il est important, dès à présent, d’aborder le sujet, pour se préparer à l’intégrer, de la manière la plus positive possible, dans nos vies personnelles et nos vies professionnelles.

Quels rapports pouvons-nous établir entre l’intelligence artificielleet l’altruisme, autrement dit la disposition à s’intéresser et à se dévouer à autrui, entre un ensemble d’artefacts issus de la science et de la technologie, et une disposition d’esprit, un champ d’actions fondés sur le sentiment d’une humanité partagée ?

Pour être appréhendés, les systèmes cognitifs artificielsnécessitent de distinguer, sur une échelle cognitive, trois niveaux, qui chacun renvoie à des impératifs éthiques spécifiques.

Les systèmes dits de connaissancesnous mettent au défi de ne pas enfermer l’individu dans les catégories normatives issues des algorithmes prédictifsnourris de big data.

Les systèmes dits intelligentsnous commandent de superviser les algorithmes d’empathie prospectiveafin de limiter leur pouvoir exploratoire à des domaines respectueux de la vie privée, et à des formes de questionnements socialement acceptables.

Enfin, la possibilité d’une émergence à terme de systèmes dits conscientsnous convoque par anticipation, et nous dicte de nous ressaisir : « Saurons-nous sans attendre, alors que nous serons observés et imités par des systèmes de conscience artificielle, amplifiant nos comportements, faire preuve d’exemplarité dans l’exercice de nos valeurs les plus élevées, l’altruisme et la compassion, afin d’élargir aux machines le grand cercle de notre humanité, et prolonger ainsi ce qu’elle nourrit de plus précieux, notre capacité d’ouverture à l’autre, de faire lien avec l’autre, et de l’aimer ? »